Canicule à Huy : assez de conseils, il faut des décisions !

Face aux canicules qui se multiplient, Huy en Commun propose un plan fraîcheur !

Publié le 25 juin 26

Près de 40°C annoncés ce week-end. Nous sommes en train de vivre la semaine la plus chaude de l’histoire de la Belgique. Et comme le rappelle une réalité devenue incontournable, cet été sera pourtant probablement le plus frais du reste de nos vies. Les canicules se multiplient, deviennent plus longues, plus intenses et tuent déjà en Belgique. Huy en Commun propose des actions urgentes pour adapter notre Ville à cette nouvelle réalité !

« Les réponses politiques restent dramatiquement insuffisantes à tous les niveaux face à l’ampleur de la situation », lance Sandrina Gaillard, conseillère communale. « On nous dit de boire de l’eau, de fermer les volets, de porter un chapeau. A Huy, on appelle chaque jour les personnes de plus de 75 ans. C’est très bien, mais soyons sérieux : ce sont des conseils de survie indispensables, mais ce ne sont pas des politiques publiques. Pendant ce temps, les admissions sont déjà en hausse au CHRH. Il faut aller beaucoup plus loin ! ». 

« Les Hutois ne demandent pas qu’on leur rappelle chaque été qu’il faut boire de l’eau ou fermer les volets. Ils ont besoin d’une Ville qui les protège réellement face aux canicules qui deviennent la norme », estime Anabelle Rahhal, conseillère communale. « Huy s’est fixé des objectifs climatiques ambitieux, mais les moyens et les réalisations ne suivent pas. Un plan sans moyens reste un plan sur papier. Pendant ce temps, les personnes âgées, les familles précarisées et les habitants qui vivent dans des logements surchauffés paient le prix de l’inaction. Continuer à renvoyer chacun à sa responsabilité individuelle, c’est fermer les yeux sur une évidence : tout le monde n’a pas les moyens de se protéger. Il faut sortir des déclarations d’intention et mettre en œuvre, dès maintenant, des mesures concrètes pour adapter notre Ville aux conséquences du dérèglement climatique. »

C’est pourquoi, Huy en Commun propose un plan fraicheur avec 3 priorités simples et urgentes :

 

1. Multiplier les points d’eau accessibles

Quand il fait 35°C dans un appartement, boire de l’eau ne suffit pas. Pour permettre à tous de se rafraichir, la Ville doit agir :

- en rendant la piscine communale accessible à 1€ pendant les canicules ;

- en développant des zones de baignade sécurisées sur la Meuse ;

- en ajoutant et signalant les fontaines d’eau potable et en réparant les fontaines publiques.

« Se rafraîchir ne peut pas être un privilège réservé à ceux qui ont un jardin, une climatisation ou les moyens de partir. Trois fontaines à eau ont déjà été mises en place ces dernières années suite aux interpellations de Huy en Commun. Il faut absolument poursuivre le déploiement dans les différents lieux de la Ville. Mais profitons surtout du retour de la piscine extérieure pour que tous les Hutois puissent s’y rafraichir à prix réduit pendant la période de canicule. Et pourquoi pas sécuriser certaines zones de la Meuse ? », développe Sandrina Gaillard.

 

2. Garantir un refuge frais pour chaque Hutois

Des habitants suffoquent chez eux, piégés dans des logements qui deviennent des fours. C’est inacceptable. Chaque Hutois doit pouvoir trouver un endroit où respirer à moins de 10 minutes de chez lui. Et la climatisation individuelle n’est pas une solution pour tous.

Pour lutter contre les ilots de chaleur, nous proposons de créer un réseau de fraîcheur collectif, en ouvrant de manière coordonnée et en visibilisant des ilots de fraîcheur dans les lieux publics frais accessibles gratuitement : bibliothèques, salles communales, centres culturels, églises.

 

3. Face au béton, planter 300 arbres et végétaliser les écoles et les espaces publics

« La chaleur, on la subit aussi parce qu’on l’a organisée. Des cours d’école entièrement bétonnées, des places minéralisées, des rues sans arbres : voilà ce qui transforme nos villes en pièges à chaleur.  Le meilleur exemple, c’est l’esplanade Batta entièrement bétonnée qui devient une véritable fournaise dès que les températures grimpent. On ne peut plus commettre les mêmes erreurs », ajoute Anabelle Rahhal.

Pour changer de cap de toute urgence, Huy en Commun propose de :

- planter 300 arbres supplémentaires en Ville,

- végétaliser toutes les cours d’école et les espaces publics,

- remplacer le béton par des surfaces perméables et créer des zones d’ombre.

Parce qu’entre une rue bétonnée et une rue arborée, la différence peut atteindre 30°C. Et ce n’est pas du confort : c’est une question de santé publique. 

 

La canicule n’est pas une fatalité, c’est un choix politique

« Depuis toujours, on s’organise collectivement contre le froid. On isole, on chauffe, on protège. Pourquoi accepte-t-on aujourd’hui que des gens vivent — et parfois meurent — dans des logements à 35°C ? Continuer à se limiter à des conseils, c’est un renoncement. À Huy, des décisions simples peuvent être prises dès maintenant. Ce qu’il manque, ce ne sont pas les solutions. C’est la volonté politique », concluent les deux conseillères, qui interpelleront le conseil communal lors de sa prochaine séance. 

On ne peut attendre, il faut agir dès à présent. Boire de l’eau, c’est un conseil. Protéger la population, c’est une responsabilité.