Publié le 10 août 26
La décision, prise par le Bourgmestre ce 10 août, d'annuler le feu d'artifice prévu dans le cadre des festivités du 15 août et des Fêtes septennales était devenue inévitable. Au regard des conditions climatiques que nous connaissons depuis plusieurs mois, c’est la seule décision raisonnable qui s’imposait pour protéger la sécurité publique. Mais Huy en Commun regrette le temps perdu par les autorités hutoises, qui aurait pu être mis à profit pour envisager des alternatives.
L’impossibilité d’organiser le feu d’artifice est en effet tout sauf une surprise. La décision du jour intervient alors que le Gouverneur de la Province avait, dès le 25 juin, pris un arrêté interdisant les feux d'artifice sur tout le territoire en raison des risques élevés liés à la sécheresse et aux incendies. Ces éléments étaient connus depuis longtemps et auraient dû conduire les autorités communales à anticiper les différentes options possibles.
« Gouverner, c'est prévoir », lance Sandrina Gaillard, conseillère communale et administratrice de l’Office du tourisme responsable du feu d’artifice. « Les fortes chaleurs, le manque de pluis et les risques accrus d'incendie ne sont pas apparus du jour au lendemain. Dès le début de l'été, il aurait été possible d'envisager des scénarios alternatifs afin de garantir aux Hutoises et aux Hutois, ainsi qu'aux nombreux visiteurs attendus, un spectacle digne de l'importance des Fêtes septennales. Cela aurait aussi été bien plus respectueux vis-à-vis de tous les opérateurs concernés qui auraient pu anticiper ».
Depuis plusieurs années déjà, Sandrina Gaillard attire l'attention sur la nécessité de prendre en compte les conséquences concrètes des changements climatiques dans l'organisation du feu d’artifice à Huy. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le feu d’artifice est annulé en raison de la sécheresse. Les épisodes de sécheresse, les canicules et les risques d'incendie deviennent plus fréquents et imposent d'adapter nos pratiques.
Avec Gregory Vidal, également administrateur de l’Office du tourisme, ils ont aussi soulevé la question des nuisances sonores liées aux feux d'artifice, qui mérite d'être pleinement intégrée à la réflexion. Chaque année, de nombreux citoyens, propriétaires d'animaux domestiques, associations de protection animale et professionnels du secteur soulignent les conséquences importantes de ces explosions sur les animaux, qu'ils soient domestiques ou sauvages.
« Des alternatives existent pourtant », insiste Grégory Vidal. « Spectacles de drones, mises en lumière du patrimoine, animations visuelles innovantes ou spectacles son et lumière permettent aujourd'hui de proposer des événements festifs tout en limitant les risques environnementaux et les nuisances. Cette option aurait au minimum pu être préparée pour pouvoir l’activer en cas de besoin. Encore faut-il anticiper suffisamment tôt afin de respecter les procédures administratives et permettre leur organisation dans de bonnes conditions ».
Sandrina Gaillard et Gregory Vidal déplorent que cette réflexion n'ait pas été menée plus en amont. L'Office du Tourisme et les différents acteurs impliqués dans l'organisation des festivités ont été placés dans une situation difficile, avec des délais ne permettant plus de mettre en place une alternative crédible et ambitieuse en cette veille de fêtes septennales .
L'annulation du feu d'artifice constitue certes une déception pour de nombreux habitants et visiteurs. Cependant, pour Huy en Commun, elle doit surtout être l'occasion de tirer les leçons de cet épisode. Face aux défis climatiques et environnementaux, nos événements doivent être pensés différemment. Huy en Commun continuera à défendre une approche festive mais également responsable, anticipative et respectueuse à la fois de la sécurité publique, du climat, de l'environnement et du bien-être animal.